Collecte des biodéchets et du verre : deux nouvelles bennes FAUN
Résumé pour les décideurs
Sur un flux humide ou coupant, l'étanchéité du caisson passe avant la capacité. FAUN décline ce principe sur deux bennes sans compaction : Bionéo, de 10 à 28,5 m³ pour les biodéchets, et Verranéo, de 12,5 à 26 m³ pour le verre en porte-à-porte. La première ajoute un lavage des bacs à l'eau seule, la seconde un revêtement antibruit adapté au verre. Les deux passent actuellement la certification de l'APAVE, pour des premières commandes attendues en fin d'année.
Une benne à ordures ménagères est conçue pour un déchet sec et compactable. Les biodéchets coulent, le verre coupe et résonne. FAUN sort deux machines pour ces flux, que la collecte sélective fait monter en puissance dans les communes, et qui exigent du matériel ce que l'ordure résiduelle n'exige pas.
Collecte des biodéchets : un flux qui change les contraintes du véhicule
L'article L541-21-1 du code de l'environnement, en vigueur depuis le 1er janvier 2021, étendait le tri à la source à l'ensemble des producteurs de biodéchets au plus tard le 31 décembre 2023. Les collectivités montent donc en charge sur un flux qu'elles ne collectaient jusque-là qu'à la marge, et ce flux n'a rien de commun avec les ordures ménagères résiduelles.
Le poids, la densité et l'humidité des déchets alimentaires imposent au véhicule des contraintes élevées. La maîtrise des jus est l'enjeu central : un caisson qui laisse filer des lixiviats salit la chaussée, se corrode et rend la tournée difficile à répéter. FAUN, constructeur de bennes à ordures implanté à Guilherand-Granges en Ardèche, ajoute à sa gamme deux véhicules taillés pour cette montée en charge : Bionéo pour les biodéchets, Verranéo pour le verre collecté en porte-à-porte. L'une et l'autre sont intégralement fabriquées en France.
Le constructeur couvre déjà le balayage avec ses balayeuses URBANET. Ces deux bennes suivent la diversification des flux plutôt que le tonnage global collecté, qui lui ne bouge guère.
Bionéo, une benne biodéchets sans compaction ni fuite de lixiviats
Bionéo répond au risque d'écoulement par un dispositif d'étanchéité renforcé. Le fouloir reçoit de série un système d'étanchéité périphérique, une rehausse tôlée ferme l'avant du caisson, et un joint de porte à double lèvre fait le tour de la fermeture. L'ensemble vise un seul résultat : que rien ne tombe sur la chaussée pendant la tournée.
La benne travaille sans compaction, avec un vidage en partie haute. Ce n'est pas un renoncement technique : comprimer des déchets alimentaires les réduit en bouillie et dégrade la matière que la méthanisation ou le compostage recevront ensuite. Préserver l'intégrité du flux vaut ici mieux que d'en charger davantage.
Côté capacité, Bionéo couvre 10 à 20 m³ en configuration VR3 et 13 à 28,5 m³ en VR5. Elle ne remplace pas la Bionéa, que FAUN exposait à Pollutec en 2025 : ces bennes Bionéa restent taillées pour le centre-ville, et la Bionéo les complète par le haut, sur des tournées qui sortent de l'intra-urbain. Charles Hawassian, responsable des ventes de FAUN Environnement, décrit un marché « en plein essor » qui réclame des volumes plus conséquents pour optimiser les tournées.
Elle se monte sur des porteurs allant de 16 à 32 tonnes, et se décline en thermique, en gaz, en hybride, en électrique comme en hydrogène, ce qui la rend déployable dans les zones à faibles émissions. Deux largeurs de benne, 2 300 ou 2 500 mm, l'adaptent aux voiries rencontrées. Son lève-conteneur simple chaise fonctionne en préhension manuelle ou assistée, et prend aussi bien les bacs à deux roues que ceux à quatre, de 80 à 1 000 litres.
Collecte du verre en porte-à-porte : ce que vise Verranéo
Verranéo reprend l'architecture de la Bionéo et l'applique à un autre flux. Il ne s'agit pas de vider des conteneurs aériens : cette collecte-là revient à d'autres véhicules de la gamme, la Terranéo notamment. Verranéo est conçue pour les bacs présentés devant la porte. Didier Meyer, qui dirige le bureau d'études de FAUN Environnement, qualifie cette pratique d'encore « émergente », avec une demande qui progresse surtout sur les petits bacs à deux roues.
Comme la Bionéo, elle fonctionne sans compaction et vide les bacs en partie haute. Une goulotte qui récupère les jus, fermée par une vanne de vidange en 2 pouces, complète une étanchéité montée de série ; une rehausse et un filet ferment l'avant du caisson.
Sa vraie spécificité est acoustique. Le caisson reçoit un revêtement antibruit étudié pour le verre, de loin la plus sonore des collectes sélectives. L'enjeu est double : la tranquillité des riverains aux heures matinales, et la protection auditive des ripeurs, exposés tournée après tournée. Une rampe haute pression posée sur le fouloir évacue par ailleurs le verre pilé resté au fond du caisson, dont le frottement finit par abraser la tôle.

Volumes, châssis et motorisations : les deux bennes face à face
Les deux véhicules partagent le même socle et se séparent sur deux points seulement. Verranéo ne va pas jusqu'à l'hydrogène, et sa plage de capacité est plus resserrée : le verre pèse lourd pour un faible encombrement, et un caisson de 28 m³ rempli de bouteilles atteindrait la charge utile avant d'être plein. Le reste est commun aux deux machines, et c'est le socle que FAUN décline déjà sur sa gamme, de la benne URBANÉA aux modèles de centre-ville. Pour une collectivité, cette parenté se lit au garage : mêmes pièces, mêmes gestes de maintenance, même prise en main par les équipes.
| Caractéristique | Bionéo (biodéchets) | Verranéo (verre) |
|---|---|---|
| Volumes | 10 à 20 m³ (VR3) et 13 à 28,5 m³ (VR5) | 12,5 à 26 m³ |
| Châssis | de 16 à 32 tonnes | de 16 à 32 tonnes |
| Motorisations | thermique, gaz, hybride, électrique ou hydrogène | thermique, gaz, hybride, 100 % électrique |
| Largeurs de benne | 2 300 ou 2 500 mm | 2 300 ou 2 500 mm |
| Bacs pris en charge | 2 et 4 roues, 80 à 1 000 litres | 2 et 4 roues, 80 à 1 000 litres |
| Compaction | aucune | aucune |
| Vidage | en partie haute | en partie haute |
| Pesage | dynamique sur lève-conteneur, ou global sous caisson, homologué ou non | dynamique sur chaise, ou global sous caisson, homologué ou non |
| Compatibilités annoncées | CIN Énergie, EFFENCO | CIN Énergie, EFFENCO |
Lavage, pesage et sécurité des ripeurs sur la benne à ordures
Sur une benne à ordures ménagères affectée à un flux humide ou coupant, le lavage n'est pas de l'entretien de confort : c'est une condition de durée de vie du caisson. Les deux véhicules reçoivent pour cela une rampe haute pression, posée sur le fouloir, qui nettoie le fond après la collecte, là où stagnent les jus et où s'accumule le verre brisé.
Bionéo va plus loin et peut recevoir une solution de lavage des bacs : une fois vidés, ils passent aussitôt sous haute pression, par un dispositif logé en partie supérieure, qu'une lance manuelle sur enrouleur vient compléter pour les parois et les abords du point de collecte. Le lavage se fait à l'eau seule, sans produit susceptible de polluer une matière appelée à être retraitée. Un préchauffage de l'eau, maintenue autour de 50 °C, reste à l'étude.
Le pesage, lui, se joue à deux endroits : dynamique sur le lève-conteneur, ou global sous caisson, en version homologuée ou non. Peser le bac avant de le lever n'est pas qu'une affaire de facturation, c'est aussi ce qui évite de basculer un contenant trop lourd. Côté énergie, le lève-conteneur peut passer à l'électrique avec une électropompe en 24 V ou en 400–800 V et une pompe à débit variable ; les deux bennes sont annoncées compatibles avec CIN Énergie et EFFENCO, ce dernier permettant de supprimer l'usage du moteur pendant les phases de collecte.
| Équipement | Bionéo | Verranéo |
|---|---|---|
| Étanchéité du caisson | fouloir à étanchéité périphérique de série, rehausse tôlée à l'avant, porte à joint double lèvre sur tout le pourtour | étanchéité de série, rehausse et filet à l'avant, goulotte à jus fermée par une vanne de vidange en 2 pouces |
| Lavage du caisson | rampe haute pression sur le fouloir | rampe haute pression sur le fouloir |
| Lavage des bacs | dispositif haute pression en partie supérieure, lance manuelle sur enrouleur, à l'eau seule | non mentionné par le constructeur |
| Traitement acoustique | revêtement antibruit sur le caisson | revêtement antibruit étudié pour le verre |
| Postes de ripeurs | deux postes, marchepieds souples escamotables | deux postes, marchepieds souples escamotables, grille de marchepied à pilotage automatique |
| Aide à la conduite | caméra de contrôle du niveau de chargement depuis la cabine | caméra 360° en option |
| Lève-conteneur électrique | électropompe en 24 V ou en 400–800 V, pompe à débit variable | électropompe en 24 V ou en 400–800 V, pompe à débit variable |
Les deux bennes passent actuellement la certification de l'APAVE, et le constructeur attend ses premières commandes en fin d'année. La suite se jouera sur le service : FAUN a ouvert en avril une plateforme de pièces détachées d'origine, et c'est là que se mesure la disponibilité d'un parc affecté à des tournées quotidiennes.
Questions fréquentes sur la collecte des biodéchets et du verre
Depuis quand le tri à la source des biodéchets est-il généralisé ?
L'article L541-21-1 du code de l'environnement, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2021, prévoyait d'étendre l'obligation de tri à la source à l'ensemble des producteurs et détenteurs de biodéchets, collectivités comprises, au plus tard le 31 décembre 2023. Avant cette échéance, l'obligation ne visait que les producteurs dépassant cinq tonnes par an. La conséquence pour les collectivités n'est pas symbolique : un flux jusque-là collecté à titre expérimental devient un flux de service public, avec des tournées régulières, des bacs dédiés et des véhicules qui doivent tenir la charge.
Pourquoi une benne à biodéchets se passe-t-elle de compaction ?
Parce que la compaction, utile sur les ordures ménagères résiduelles pour embarquer plus de matière, est contre-productive sur un déchet alimentaire. Comprimer des épluchures et des restes de repas les réduit en bouillie, libère les jus et dégrade la matière que la méthanisation ou le compostage devront traiter en aval. La Bionéo comme la Verranéo travaillent donc sans compaction, avec un vidage des bacs en partie haute. Sur le verre, le raisonnement est le même, appliqué à un autre risque : casser davantage un matériau destiné à la refonte n'apporte rien.
Qu'est-ce qu'un lixiviat et pourquoi la benne doit-elle le retenir ?
Le lixiviat est le liquide chargé en matières organiques qui s'écoule d'un déchet humide sous l'effet de son propre poids. Sur une collecte de biodéchets, il apparaît dès le remplissage du caisson. Laissé libre, il coule sur la chaussée, attaque la tôle et les circuits, et laisse derrière la benne une trace que les riverains repèrent avant les services techniques. C'est pour cette raison que l'étanchéité du caisson devient le premier critère technique d'une benne à biodéchets, devant la capacité et devant la motorisation.
Quelle différence entre la Bionéo et la Bionéa ?
Les deux bennes FAUN sont dédiées aux biodéchets, mais elles ne couvrent pas le même terrain. La Bionéa, présentée en 2023 puis exposée à Pollutec, est pensée pour la collecte en centre-ville, sur des tournées courtes et des voiries contraintes. La Bionéo élargit l'offre par le haut : de 10 à 20 m³ en configuration VR3, de 13 à 28,5 m³ en VR5, pour des périmètres plus étendus qui sortent de l'intra-urbain. La seconde ne remplace donc pas la première, elle prend les tournées que son format ne permettait pas de couvrir.
En quoi le verre collecté en porte-à-porte diffère-t-il de l'apport volontaire ?
Dans l'apport volontaire, l'habitant dépose son verre dans un conteneur aérien ou enterré, que la collectivité vide avec un véhicule à grue ou à bras. En porte-à-porte, le verre est présenté dans un bac devant le logement, et le véhicule enchaîne les points de collecte comme sur une tournée d'ordures ménagères. FAUN affecte chaque pratique à une machine différente : la Terranéo pour les conteneurs collectifs, la Verranéo pour les bacs individuels de 80 à 1 000 litres, deux roues comme quatre roues.
Quelles motorisations acceptent la Bionéo et la Verranéo ?
Les deux bennes acceptent des porteurs de 16 à 32 tonnes. La Bionéo est annoncée en thermique, en gaz, en hybride, en électrique et en hydrogène, ce qui lui ouvre les zones à faibles émissions sans changer d'équipement de collecte. La Verranéo reprend la même liste à l'exception de l'hydrogène, et s'arrête au 100 % électrique. Dans les deux cas, le lève-conteneur peut lui aussi passer à l'électrique, avec une électropompe en 24 V ou en 400–800 V et une pompe à débit variable.
Glossaire de la collecte des biodéchets et du verre
Biodéchets
Déchets organiques biodégradables issus de l'alimentation, de la cuisine ou de l'entretien des espaces verts. Leur tri à la source est une obligation de l'article L541-21-1 du code de l'environnement, généralisée fin 2023.
Lixiviat
Liquide chargé en matières organiques qui s'écoule d'un déchet humide sous l'effet de son poids. Sur une benne à biodéchets, sa maîtrise commande l'étanchéité du caisson et la propreté de la chaussée.
Fouloir
Mécanisme placé à l'arrière du caisson qui engage les déchets déversés dans la trémie vers l'intérieur de la benne. Sur la Bionéo et la Verranéo, il porte l'étanchéité périphérique et la rampe de lavage.
Ripeur
Agent de collecte qui présente les bacs au lève-conteneur et accompagne le véhicule depuis un poste situé à l'arrière. Marchepieds, revêtement antibruit et caméras visent d'abord la sécurité de ce poste.
Lève-conteneur
Dispositif qui saisit un bac roulant, le soulève et le bascule au-dessus de la trémie. En version simple chaise, il accepte les bacs courants, de 80 à 1 000 litres, saisis à la main ou en assisté.
Collecte en porte-à-porte
Mode de collecte où le bac est présenté devant le logement et vidé par le véhicule à chaque point d'arrêt. Il s'oppose à l'apport volontaire, qui regroupe les dépôts dans un conteneur collectif.
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