Ce que la trajectoire carbone de VELUX change pour le prescripteur

Par Batipole Édition   Publié le Samedi 29 août 2026 à 08:45
Combles aménagés éclairés par deux fenêtres de toit, rampants clairs et parquet chêne en pleine lumière

Résumé pour les décideurs

Le groupe VELUX vise une réduction de 100 % de ses émissions des scopes 1 et 2 d'ici 2030 par rapport à 2020, et son rapport 2024 fait état de 60 % déjà atteints, avec une électricité 100 % renouvelable documentée depuis 2023. Mais le scope 3 représente plus de 98 % de son empreinte : l'essentiel se joue chez les fournisseurs et dans le produit. Pour un calcul RE2020, seule compte la FDES du produit posé, valable cinq ans et vérifiée par un tiers indépendant.


Un fabricant qui publie une trajectoire carbone ne renseigne pas la même chose que la fiche environnementale de ses produits. L'un décrit ses usines, l'autre entre dans le calcul réglementaire. Les chiffres publiés par le groupe VELUX permettent de situer l'écart entre ces deux registres, et de voir où chacun se range.

Sommaire


Un fabricant qui annonce une trajectoire carbone dit deux choses à la fois, et elles n'ont pas la même portée pour celui qui prescrit. La première concerne ses usines, elle se mesure et elle avance vite. La seconde concerne ses produits, elle représente l'essentiel de l'empreinte et elle ne se lit pas dans un communiqué mais dans une fiche de déclaration environnementale. Le cas de VELUX illustre bien l'écart.

Où en est le groupe sur ses émissions directes

L'objectif porté par le groupe est une réduction de 100 % des émissions des scopes 1 et 2 à l'horizon 2030, par rapport à l'année de référence 2020. Le rapport de développement durable publié pour l'exercice 2024 fait état d'une réduction de 60 % déjà atteinte sur ce périmètre.

Deux leviers expliquent l'essentiel de cette baisse. Le groupe déclare une couverture de 100 % d'électricité renouvelable documentée depuis 2023. Il suit par ailleurs une intensité énergétique rapportée au chiffre d'affaires, passée de 91 MWh par million d'euros en 2023 à 87 MWh par million d'euros en 2024, soit 5 % de mieux en un exercice, pour un objectif de 56 % de réduction d'ici 2030 sur une base 2015.

Ces chiffres sont ceux d'un industriel, pas ceux d'un produit. Ils décrivent la fabrication, l'énergie des sites et la logistique interne. Ils ne disent rien de l'impact d'une fenêtre posée dans une toiture, et c'est précisément là que se situe la masse.

Le scope 3 pèse plus de 98 % de l'empreinte

Le groupe l'écrit lui-même : les émissions indirectes de la chaîne de valeur, le scope 3, représentent plus de 98 % de son empreinte carbone. Autrement dit, les usines pèsent moins de deux pour cent du total, et l'essentiel se joue chez les fournisseurs de verre, d'aluminium, de bois et de composants, puis dans la vie du produit.

La méthode suivie est celle de l'entraînement des fournisseurs. 126 fournisseurs directs déclarent leurs données au groupe, ce qui couvre 72 % des émissions du scope 3, et 33 d'entre eux avaient adopté fin 2023 des objectifs validés par l'initiative Science Based Targets. La démarche est la même que celle d'autres industriels de la menuiserie dont les objectifs validés par le SBTi engagent toute la filière amont.

Ce que l'engagement de 2020 recouvre, et ce qu'il ne recouvre pas

Le groupe a annoncé en 2020, avec le WWF, un engagement dit Lifetime Carbon Neutral : capter d'ici 2041, année de son centenaire, l'équivalent des émissions accumulées depuis sa création en 1941, au moyen de projets forestiers.

La distinction mérite d'être tenue, parce qu'elle est régulièrement effacée dans les reprises. Réduire des émissions et capter un stock historique sont deux opérations différentes, portées par des mécanismes différents et vérifiées différemment. La première se mesure sur un périmètre normalisé, la seconde dépend de la permanence de projets forestiers sur plusieurs décennies. Un maître d'œuvre qui cite l'engagement dans une note de calcul confond les deux.

Ce qui compte réellement dans un calcul RE2020

Aucun engagement d'entreprise n'entre dans le calcul réglementaire. Ce qui y entre, c'est la fiche de déclaration environnementale et sanitaire, la FDES, établie selon la norme ISO 14025 et la norme EN 15804 assortie de son complément national, et enregistrée dans la base nationale INIES. Elle porte les résultats d'analyse du cycle de vie du produit et alimente l'indicateur Ic construction.

Trois de ses caractéristiques commandent l'usage. Sa validité est de cinq ans. Sa vérification par un tiers indépendant est obligatoire depuis le 1er juillet 2017. Et lorsqu'aucune déclaration n'existe pour un produit, le calcul se rabat sur des données environnementales par défaut, dont le principe même est d'être pénalisant. Ces contraintes s'imposent à tous les lots, du gros œuvre de couverture aux menuiseries.

Ce que le prescripteur peut demander, et quand

La demande utile tient en trois éléments, et elle se formule au moment de la consultation, pas à la réception. La référence exacte du produit posé, puisqu'une gamme peut porter plusieurs déclarations. La date de validité de la FDES correspondante, une fiche échue n'étant plus exploitable. Et l'unité fonctionnelle retenue, qui conditionne la comparaison entre deux produits : comparer deux fiches établies sur des unités différentes ne produit aucun résultat exploitable.

Le reste relève de la conception. Une fenêtre de toit engage un impact de fabrication et une performance d'usage, et la seconde se joue sur le dimensionnement, l'orientation et la protection solaire. Les questions d'éclairage naturel performant et d'aménagement des combles pèsent sur la consommation du bâtiment pendant cinquante ans, là où l'impact de fabrication est payé une fois.

La trajectoire d'un fabricant reste une information utile, à condition d'être lue pour ce qu'elle est : un indicateur de la direction prise par l'amont de la filière, et non une donnée de calcul. Les deux se retrouvent, mais pas au même endroit du dossier, et l'ensemble des contenus rattachés à la marque VELUX permet de suivre l'un et l'autre.



Questions fréquentes sur la trajectoire carbone d'un fabricant

Que recouvrent les scopes 1, 2 et 3 ?

Les scopes 1 et 2 couvrent les émissions directes d'un industriel et celles de l'énergie qu'il achète. Le scope 3 couvre toute la chaîne de valeur, achats de matières, transport et vie du produit. Chez VELUX, il représente plus de 98 % de l'empreinte du groupe.

Quel est l'objectif carbone du groupe VELUX ?

Une réduction de 100 % des émissions des scopes 1 et 2 d'ici 2030, sur une année de référence 2020. Le rapport publié pour l'exercice 2024 fait état de 60 % déjà atteints, avec une électricité 100 % renouvelable documentée depuis 2023.

Quelle différence entre réduire ses émissions et les compenser ?

Réduire agit sur les émissions futures et se mesure sur un périmètre normalisé. Capter ou compenser agit sur un stock déjà émis, par des projets forestiers dont la permanence s'apprécie sur des décennies. Les deux ne se substituent pas et ne se vérifient pas de la même façon.

Qu'est-ce qu'une FDES et à quoi sert-elle ?

C'est la fiche de déclaration environnementale et sanitaire d'un produit de construction, établie selon les normes ISO 14025 et EN 15804 avec son complément national. Enregistrée dans la base INIES, elle porte l'analyse du cycle de vie et alimente l'indicateur Ic construction de la RE2020.

Combien de temps une FDES reste-t-elle valable ?

Cinq ans. Sa vérification par un tiers indépendant reconnu est obligatoire depuis le 1er juillet 2017. Une fiche échue ne peut plus être utilisée dans un calcul, et l'absence de déclaration conduit à recourir à des données environnementales par défaut, pénalisantes.

Un engagement carbone d'entreprise entre-t-il dans le calcul RE2020 ?

Non. Le calcul réglementaire ne connaît que les données environnementales du produit posé. L'engagement d'un groupe renseigne sur la direction prise par l'amont de la filière, mais il n'a aucune valeur dans une note de calcul et ne remplace pas une FDES.


Glossaire de la donnée carbone dans le bâtiment

Scope 3

Ensemble des émissions indirectes d'une entreprise, hors énergie achetée : matières premières, transport, sous-traitance, usage et fin de vie des produits vendus. C'est le poste dominant chez la plupart des industriels du bâtiment.

FDES

Fiche de déclaration environnementale et sanitaire d'un produit de construction. Elle présente les résultats d'analyse du cycle de vie selon les normes ISO 14025 et EN 15804, et se dépose dans la base nationale INIES.

Base INIES

Base nationale de référence des données environnementales et sanitaires des produits de construction et des équipements. Elle est la source des valeurs utilisées pour le calcul réglementaire de l'impact carbone d'un bâtiment.

Ic construction

Indicateur de la RE2020 mesurant l'impact carbone des composants et du chantier sur l'ensemble du cycle de vie du bâtiment. Il se calcule à partir des données environnementales des produits mis en œuvre.

Unité fonctionnelle

Référence quantifiée à laquelle rapporter les résultats d'une analyse de cycle de vie, par exemple un mètre carré de produit posé pendant une durée de vie donnée. Deux fiches d'unités différentes ne se comparent pas.

Science Based Targets

Initiative internationale qui valide les objectifs de réduction d'émissions des entreprises au regard des trajectoires climatiques de référence. La validation porte sur la méthode et le périmètre, non sur les résultats obtenus.



Catégorie & sous-catégories : Fenêtres de toit & accessoires
Type d'actualité : RSE & durabilité





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