Trait de côte et granulats marins, l’UNPG publie un référentiel scientifique pour objectiver les impacts potentiels

Par Influence RP   Publié le Jeudi 16 avril 2026 à 18:01
Extraction de granulats marins sur le plateau continental et dynamique du trait de côte

Résumé pour les décideurs

Extraction de granulats marins : impacts sur le trait de côte et cadre d’évaluation

Le référentiel analyse l’impact de l’extraction de granulats marins sur la dynamique littorale. Il distingue les effets directs, écartés par l’éloignement des sites d’extraction, et les effets indirects locaux sur les courants et le transport des sédiments. Ce guide fournit une méthodologie normalisée pour évaluer les projets et harmoniser les pratiques. Il constitue une base scientifique partagée par les acteurs pour objectiver l’évaluation environnementale et répondre aux besoins techniques du secteur maritime et littoral.



L’impact de l’extraction de granulats marins sur le trait de côte fait l’objet de débats récurrents. Un référentiel méthodologique publié par l’UNPG et le ministère de la Transition écologique vise à objectiver ces effets, en distinguant impacts directs et indirects, et en harmonisant les méthodes d’évaluation pour les projets en mer.

Une approche co-construite avec des experts reconnus

Une interaction complexe entre extraction et dynamique littorale

Le trait de côte désigne la zone d’interface entre mer et terre. Contrairement à une représentation figée, il évolue sous l’effet de processus naturels : houle, courants, apports fluviaux et épisodes météorologiques extrêmes.

Deux phénomènes structurent cette dynamique :

  • l’érosion, qui correspond au recul du littoral ;
  • l’accrétion, soit l’accumulation de sédiments.

Le référentiel rappelle que ces évolutions relèvent d’un bilan sédimentaire global, influencé aussi par les aménagements humains. Les ouvrages côtiers (digues, épis) ou l’urbanisation modifient par exemple les flux de matériaux.

Dans ce contexte, l’extraction de granulats marins doit être analysée à différentes échelles spatiales :

  • la zone littorale, très active ;
  • la zone côtière au large, où se situent les concessions.

Des impacts directs écartés mais des effets indirects étudiés

Le document précise que les extractions actuelles ne se déroulent plus sur les plages ou en zone littorale immédiate. Elles sont localisées sur le plateau continental, ce qui limite les impacts directs sur le trait de côte.

« L’exploitation des granulats actuellement en cours […] n’impacte pas directement le trait de côte »

En revanche, des effets indirects restent possibles. Ils concernent notamment :

  • la modification des courants marins ;
  • les perturbations du transport sédimentaire.

Ces interactions sont qualifiées de champ proche, c’est-à-dire localisées autour des zones d’extraction. Leur intensité dépend fortement des conditions hydrodynamiques et de la configuration des fonds marins.

Une limite importante du référentiel doit être soulignée : il ne permet pas de prédire l’évolution à long terme du littoral, mais uniquement d’évaluer des tendances liées à un projet donné.

Une activité extractive encadrée et ciblée

L’extraction de granulats marins en France reste marginale à l’échelle nationale, avec 8,7 millions de tonnes produites en 2022, soit environ 2 % du total.

Elle repose sur un dispositif encadré :

  • 17 concessions actives, couvrant environ 160 km² ;
  • une exploitation assurée par 18 navires spécialisés ;
  • près de 900 emplois directs et indirects.

Ces matériaux répondent à des besoins techniques spécifiques dans les ouvrages :

  • béton pour infrastructures portuaires ;
  • remblais ou couches de forme pour travaux maritimes.

Dans certains territoires littoraux, ils représentent jusqu’à 80 % des besoins, notamment en raison des contraintes logistiques. Le transport de granulats, matériau lourd, reste un facteur déterminant dans les coûts de construction.

Une méthodologie normalisée pour les études d’impact

Le référentiel introduit une méthodologie commune destinée aux bureaux d’études, maîtres d’œuvre et services instructeurs.

L’analyse repose sur une comparaison entre :

  • un état initial de référence ;
  • une situation projetée en fin d’exploitation.

Quatre modélisations principales sont mobilisées :

  • états de mer ;
  • courantologie ;
  • transport des sédiments côtiers ;
  • transit littoral.

Des modules complémentaires peuvent être ajoutés selon les contextes : estuaires, lagunes ou zones spécifiques.

« Le guide propose […] une méthode unifiée pour analyser les effets potentiels indirects des concessions »

Concrètement, un bureau d’études peut utiliser ces modèles numériques pour simuler l’évolution des fonds marins et identifier d’éventuelles modifications du transit sédimentaire.

Un outil d’aide à la décision pour les projets maritimes

Ce référentiel vise à harmoniser les pratiques d’instruction des projets extractifs en mer. Il s’adresse aux porteurs de projets, aux services de l’État et aux parties prenantes.

Il s’inscrit dans un cadre réglementaire existant, notamment :

  • les études d’impact environnemental ;
  • les procédures d’autorisation liées au domaine public maritime.

L’intervention d’acteurs spécialisés comme les bureaux d’ingénierie maritime ou les organismes scientifiques (hydrodynamique, géologie marine) reste indispensable pour la mise en œuvre opérationnelle.

Une nuance importante : le guide ne traite pas des impacts liés à d’autres aménagements côtiers, comme les rechargements de plage ou les ouvrages de protection.

Une base scientifique pour objectiver le débat

Fruit de trois années de travail collectif, ce document constitue une base technique partagée entre acteurs publics et professionnels.

« Une méthode validée […] permettant d’évaluer les effets indirects potentiels »

Il apporte un cadre d’analyse rigoureux, sans trancher de manière définitive sur l’ensemble des impacts. Son apport principal réside dans la structuration des connaissances et la transparence des méthodes utilisées.

Pour les professionnel·le·s du bâtiment et de l’aménagement littoral, ce référentiel devient un outil opérationnel pour intégrer les enjeux sédimentaires dans la conception des projets, tout en tenant compte des limites d’interprétation des modèles.



Foire aux questions

Quels effets l’extraction de granulats marins a-t-elle sur le trait de côte ?

L’extraction de granulats marins actuellement réalisée en France ne provoque pas d’impacts directs sur le trait de côte, car elle se situe sur le plateau continental. Toutefois, des effets indirects locaux, comme la modification des courants et du transport sédimentaire, peuvent survenir à proximité des zones d’extraction.

Comment les études d’impact des extractions de granulats marins sont-elles menées ?

Les études suivent une méthodologie commune basée sur la comparaison d’un état initial du site et d’une situation projetée de fin d’exploitation. Quatre modélisations principales sont utilisées : états de mer, courantologie, transport sédimentaire côtier et transit littoral.

Quel est l’encadrement de l’extraction de granulats marins en France ?

L’activité est strictement encadrée par 17 concessions actives couvrant 160 km² et exploitées par 18 navires spécialisés. Elle fait l’objet d’autorisations spécifiques, d’études d’impact environnemental et mobilise environ 900 emplois directs et indirects.


Glossaire thématique

Trait de côte

Bande de contact entre la mer et la terre, évolutive en fonction de phénomènes naturels.

Erosion

Processus de recul du littoral causé par l’action de la mer, du vent et d’autres facteurs naturels.

Accrétion

Accumulation de sédiments sur le littoral, contribuant à l’avancée ou à la reconstitution des plages.

Granulats marins

Matériaux sédimentaires extraits du fond marin, utilisés notamment pour la fabrication de béton et l’aménagement portuaire.

Bureau d’études

Structure spécialisée réalisant des analyses techniques et modélisations pour évaluer les impacts des projets maritimes.

Modélisation hydrodynamique

Méthode numérique permettant de simuler les mouvements d’eau et le transport des sédiments en zone littorale.




Plus d'infos : lien de téléchargement du guide sur le site de l'UNPG





16 bis Bd Jean Jaurès,
92110 Clichy
France


Tél. :
Courriel : contact@unicem.fr
Site internet : https://www.unicem.fr


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