Broof t3 : ce que l’essai valide sur une toiture photovoltaïque
Résumé pour les décideurs
Un essai BROOF(t3) ne porte pas sur un produit, mais sur un système complet. Élément porteur, isolant, étanchéité et installation photovoltaïque sont éprouvés ensemble, sous un flux thermique de 12,5 kW/m², des brandons enflammés et un vent artificiel de 3 m/s. Knauf, EPC Solaire, BMI-Siplast et Sika ont validé deux familles de complexes sur support en tôles d’acier nervurées, avec les panneaux polyuréthane Knauf SteelThane.
Depuis le 1er juillet 2026, les toitures étanchées des bâtiments non résidentiels consacrent 40 % de leur surface à l’énergie renouvelable ou à la végétalisation. Le taux passera à 50 % en juillet 2027. Knauf a mené une campagne d’essais BROOF(t3) avec trois partenaires pour qualifier le comportement au feu extérieur.
Ce que la réglementation impose aux toitures tertiaires
L’obligation vise les toitures étanchées des bâtiments non résidentiels. Depuis le 1er juillet 2026, 40 % de la surface doit accueillir une production d’énergie renouvelable ou un système de végétalisation. La part montera à 50 % le 1er juillet 2027.
Le champ est large. Il couvre les constructions neuves comme les extensions et les rénovations lourdes : bâtiments commerciaux, industriels, administratifs, artisanaux, sportifs, de loisirs, scolaires, bureaux, entrepôts et hangars, hôpitaux. Les parcs de stationnement couverts de plus de 500 m² d’emprise au sol entrent aussi dans le périmètre.
Le photovoltaïque se développe donc vite sur un parc de toitures qui n’a pas toujours été conçu pour lui. La sinistralité devient alors un sujet de conception, au même titre que l’isolation et que l’étanchéité. C’est ce qui a motivé la campagne d’essais.

Pourquoi un essai BROOF(t3) ne se confond pas avec un essai au feu
Une campagne BROOF(t3) porte sur un système complet. C’est ce qui la distingue d’un essai produit. L’élément porteur, l’isolant, le revêtement d’étanchéité et le système photovoltaïque sont éprouvés ensemble, dans la configuration où ils seront posés.
La méthode est européenne. L’évaluation suit la XP CEN/TS 1187, essai n° 3, puis se classe selon la NF EN 13501-5. La toiture subit la simulation d’un incendie venu d’un bâtiment voisin : un flux thermique radiant de 12,5 kW/m², des brandons enflammés, un vent artificiel de 3 m/s.
Trois critères décident du résultat. La propagation du feu en surface doit rester contenue pendant au moins trente minutes, la pénétration du feu au travers de la toiture doit dépasser trente minutes. Aucun débris enflammé ne doit tomber.. Le dernier critère est celui qu’un essai sur échantillon ne sait pas reproduire.
Deux familles de complexes validées selon l’étanchéité
Les essais ont porté sur des supports en tôles d’acier nervurées conformes au DTU, dans plusieurs configurations.
La première repose sur le système Sunscape iNovaPV Lite, associé à des revêtements d’étanchéité bicouche à base de bitume SBS, conformes au DTA Paracier FM de BMI Group France. L’isolation était réalisée avec Knauf SteelThane seul, en épaisseur de 60 à 160 mm, soit associé au SmartRoof C (38) de Knauf Insulation. Le complexe d’étanchéité a obtenu un PV BROOF(t3) dans sa totalité, sous l’installation photovoltaïque d’EPC Solaire.
La seconde, désignée iNovaPV Lite, associait une isolation mixte, Knauf SteelThane et SmartRoof C (38), à des revêtements synthétiques Sika, en PVC avec Sikaplan G et VG, soit en FPO avec Sarnafil TS 77 et TS 77 E. Ces solutions disposent d’évaluations techniques spécifiques, avec des modules photovoltaïques cadrés, sur des supports de grandes portées.

Ce que l’essai dit du polyuréthane en toiture
Knauf SteelThane est un panneau à âme en mousse rigide de polyuréthane ignifugé de type PIR, avec deux parements en aluminium gaufré de 50 μm d’épaisseur. Il répond à la norme NF EN 13165 et il est certifié ACERMI.
Le résultat intéresse le prescripteur au-delà du produit. Il replace le polyuréthane parmi les isolants recevables sous une installation photovoltaïque, en neuf comme en rénovation, là où la méfiance restait vive. Les essais ont aussi éprouvé, sur certaines configurations, une variante avec complément de laine de roche.
L’argument de conception suit. Le polyuréthane est léger et son rapport épaisseur sur résistance thermique reste favorable, ce qui autorise une réduction du dimensionnement des structures porteuses ou de la hauteur des acrotères. Sur une couverture de toiture existante, ces centimètres gagnés décident parfois de la faisabilité.

Quatre acteurs, quatre expertises
La campagne n’aurait pas eu de sens avec un seul industriel, puisque l’essai porte sur l’assemblage. Knauf s’est associé à EPC Solaire, BMI-Siplast et Sika pour couvrir le plus grand nombre de configurations.
EPC Solaire intervient sur les systèmes d’intégration photovoltaïques inclinés pour toitures étanchées. L’entreprise dimensionne les installations sur les aspects mécaniques, stabilité au vent et à la neige comprise, comme sur les aspects électriques. Elle dispose d’ATec et d’ATEx qui facilitent la mise en œuvre.
Côté étanchéité, les deux techniques du marché sont représentées. BMI-Siplast apporte les membranes bitumineuses, Sika les solutions synthétiques. C’est ce partage qui permet d’annoncer deux familles de complexes validées plutôt qu’une seule, laissant au maître d’œuvre le choix du système d’étanchéité.
Pour qui conçoit une toiture étanchée aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si le photovoltaïque viendra, mais sous quel justificatif il s’installera. La valorisation des toitures passe désormais par ces procès-verbaux. Le Knauf Thane OpTTI relève de la même logique d’isolation polyuréthane pour toitures.
Questions fréquentes sur le feu extérieur des toitures photovoltaïques
Qu’est-ce qu’un essai BROOF(t3) ?
C’est un essai de comportement au feu extérieur appliqué à une toiture complète. La méthode européenne XP CEN/TS 1187, essai n° 3, soumet le complexe à trois sollicitations simultanées : un flux thermique radiant de 12,5 kW/m², des brandons enflammés déposés en surface, un vent artificiel de 3 m/s. Le dispositif reproduit un incendie venu d’un bâtiment voisin. Le classement s’exprime selon la norme NF EN 13501-5. La mention t3 désigne la méthode d’essai employée parmi les quatre que la norme prévoit.
En quoi diffère-t-il d’un essai de réaction au feu sur un produit ?
Un essai de réaction au feu qualifie un matériau isolé, dans des conditions normalisées. Un essai BROOF(t3) qualifie un assemblage : l’élément porteur, l’isolant, le revêtement d’étanchéité, puis le système photovoltaïque lorsqu’il existe. Le résultat ne se transpose donc pas d’une configuration à une autre. Changer la membrane d’étanchéité, l’épaisseur de l’isolant ou le système de fixation des modules suppose en principe une nouvelle évaluation, ce qui explique qu’une campagne teste plusieurs configurations plutôt qu’une seule. Le procès-verbal obtenu vaut pour le système décrit, pour lui seul.
Quelle surface de toiture doit accueillir du photovoltaïque ?
Pour les bâtiments non résidentiels concernés, la part est de 40 % de la surface de toiture depuis le 1er juillet 2026. Elle passera à 50 % le 1er juillet 2027. L’obligation se satisfait par une production d’énergies renouvelables ou par un système de végétalisation. Elle vise les constructions neuves comme les extensions et les rénovations lourdes, pour les bâtiments commerciaux, industriels, administratifs, artisanaux, sportifs, de loisirs, scolaires, les bureaux, les entrepôts, les hangars et les hôpitaux. Les parcs de stationnement couverts de plus de 500 m² d’emprise au sol sont également visés.
Le polyuréthane convient-il sous une installation photovoltaïque ?
La campagne d’essais menée par Knauf répond par l’affirmative pour les configurations testées. Le panneau Knauf SteelThane, à âme en mousse rigide de polyuréthane ignifugé de type PIR et parements en aluminium gaufré de 50 μm, a obtenu un procès-verbal BROOF(t3) associé à deux familles d’étanchéité. La réponse vaut pour ces complexes précis, sur support en tôles d’acier nervurées. Elle ne transforme pas le polyuréthane en solution universelle : chaque configuration de toiture appelle son propre justificatif.
Que recouvre la norme NF EN 13501-5 ?
Elle établit la classification des toitures et des couvertures face à un feu extérieur. Le classement s’exprime par la lettre B suivie de l’indice ROOF, puis de la méthode d’essai employée, de t1 à t4. Chaque méthode correspond à une sollicitation différente, de la simple exposition à des brandons jusqu’à la combinaison d’un flux thermique, de brandons et de vent. La France retient la méthode t3, la plus exigeante des trois premières, ce qui explique sa présence dans les avis techniques.
Qu’est-ce qu’un ATec et qu’est-ce qu’un ATEx ?
Ce sont deux justificatifs techniques français délivrés par le CSTB. L’Avis technique, ou ATec, évalue l’aptitude à l’emploi d’un procédé non traditionnel dont le retour d’expérience est suffisant. L’Appréciation technique d’expérimentation, ou ATEx, s’applique à un procédé plus récent, pour un chantier donné ou pour une durée limitée. Les deux documents importent au moment de l’assurance : un procédé couvert est plus facilement accepté par les contrôleurs techniques et par les assureurs du chantier.
Les mots du feu extérieur en toiture
BROOF(t3)
Classement de comportement au feu extérieur d’une toiture, obtenu par la méthode d’essai n° 3 de la XP CEN/TS 1187. Il porte sur un système complet, jamais sur un produit isolé.
PIR
Polyisocyanurate. Mousse rigide dérivée du polyuréthane, dont la formulation améliore la tenue au feu. Elle constitue l’âme de nombreux panneaux isolants destinés aux toitures étanchées.
Acrotère
Relevé de maçonnerie qui borde une toiture-terrasse en périphérie. Sa hauteur dépend de l’épaisseur du complexe isolant, ce qui lie le choix de l’isolant au gros œuvre.
ACERMI
Association pour la certification des matériaux isolants. Sa certification atteste des performances déclarées d’un isolant, mesurées par un organisme tiers plutôt que par le fabricant.
ATec
Avis technique délivré par le CSTB. Il évalue l’aptitude à l’emploi d’un procédé de construction non traditionnel, puis conditionne souvent son acceptation par les assureurs.
Tôle d’acier nervurée
Support de toiture formé de bacs en acier profilés, très répandu sur les bâtiments industriels et commerciaux. Sa portée commande le dimensionnement du complexe isolant posé dessus.