Cloison séparative à ossature bois, une alternative au métal pour réduire le carbone

Par Batipole Édition   Publié le Vendredi 19 juin 2026 à 12:04
Cloison séparative à ossature bois

Résumé pour les décideurs

Cloison séparative à ossature bois : une alternative bas carbone au métal

Bouygues Bâtiment France a développé une cloison séparative à ossature bois pour remplacer les ossatures métalliques en neuf et en réhabilitation, sans changer les méthodes de pose ni les épaisseurs. Le système combine ossature bois, isolants (minéraux ou fibre de bois) et plaques de plâtre SINIAT, avec des performances annoncées conformes en acoustique, feu et résistance mécanique. L’impact carbone passerait d’environ 25 à 12 kg CO₂e/m². Première mise en œuvre sur le programme NEOZ à Castelnau-le-Lez.



Sommaire


Bouygues Bâtiment France déploie une première cloison séparative à ossature bois destinée aux bâtiments résidentiels et tertiaires. Développée par son pôle WeWood, cette solution vise à réduire l’empreinte carbone du second œuvre tout en conservant les performances acoustiques, mécaniques et de sécurité incendie attendues sur les chantiers.

Décarboner un poste encore largement dominé par l’acier

Dans les opérations de construction neuve comme en réhabilitation, les cloisons séparatives reposent aujourd’hui majoritairement sur des ossatures métalliques. Si les efforts de réduction des émissions de carbone concernent déjà le gros œuvre ou les matériaux structurels, le second œuvre offre encore des marges de progression importantes.

C’est sur ce segment que Bouygues Bâtiment France a développé une cloison séparative à ossature bois capable de remplacer les systèmes métalliques habituellement utilisés entre logements, entre logements et circulations communes ou encore entre volumes distincts.

L’enjeu est de réduire l’impact environnemental de ces ouvrages sans modifier les méthodes de pose ni les caractéristiques attendues par les maîtres d’ouvrage, les entreprises de travaux ou les futurs occupants.

Des performances conformes aux exigences du bâtiment

La solution associe une ossature bois, des isolants minéraux ou en fibre de bois ainsi que des plaques de plâtre fournies par SINIAT, filiale du groupe ETEX.

Selon Bouygues Bâtiment France, la cloison répond aux exigences réglementaires applicables en matière d’acoustique, de résistance au feu et de résistance mécanique. Les épaisseurs restent comparables à celles des cloisons à ossature métallique, évitant toute incidence sur les surfaces utiles des bâtiments.

Cette compatibilité technique permet une intégration sur différents types de programmes : logements collectifs, résidences, établissements recevant du public ou bâtiments fonctionnels. La solution peut être prévue dès la conception ou être introduite en variante en cours de chantier.

« Nous cherchions à décarboner un lot du second œuvre qui restait dominé par l’ossature métallique, sans complexifier le travail des plaquistes ni faire de compromis sur l’aspect du bâtiment livré ou les surfaces disponibles. La cloison séparative à ossature bois remplit exactement cette promesse : la mise en œuvre reste familière pour les équipes chantier et l’impact carbone des cloisons en question est divisé par deux. »

Christelle Atié, chargée de projets bio et géosourcés WeWood, Bouygues Bâtiment France

Une réduction de moitié de l’impact carbone annoncé

L’intérêt principal de cette évolution réside dans son bilan carbone. Bouygues Bâtiment France indique qu’une cloison séparative à ossature bois représente environ 12 kg CO₂ équivalent par mètre carré, contre 25 kg CO₂ équivalent par mètre carré pour une solution comparable à ossature métallique.

Pour les maîtres d’ouvrage engagés dans des démarches de réduction des émissions ou confrontés aux exigences croissantes liées à l’analyse du cycle de vie des bâtiments, ce type de composant peut contribuer à améliorer le bilan global d’une opération sans modification majeure des processus de chantier.

La conception de la cloison vise également à préserver les habitudes de mise en œuvre des entreprises spécialisées dans les travaux de plâtrerie et de cloisonnement, limitant ainsi les besoins de formation ou d’adaptation.

Une innovation issue du programme Innocup

Le projet est né dans le cadre d’Innocup, concours interne organisé par Bouygues Construction afin de faire émerger des solutions applicables sur le terrain. Lauréate de l’édition 2023 dans la catégorie Environnement et durabilité, l’idée a été portée par WeWood, structure dédiée au développement des usages du bois au sein de Bouygues Bâtiment France.

Pour passer du concept à une solution opérationnelle, les équipes ont travaillé avec SINIAT afin de qualifier et de valider les performances techniques du système.

Cette phase de développement était indispensable dans un contexte où aucun référentiel technique ne permettait jusqu’à présent de substituer directement les montants et semelles métalliques par une ossature bois pour ce type d’application.

Un premier chantier à Castelnau le Lez

La première mise en œuvre opérationnelle intervient sur le programme NEOZ à Castelnau-le-Lez, dans l’Hérault. Cette opération est développée par Linkcity et Swiss Life Asset Managers France, tandis que sa réalisation est assurée par Bouygues Bâtiment Centre Sud-Ouest.

Le chantier constitue un terrain d’expérimentation grandeur nature pour cette nouvelle solution constructive. Le lot cloisons est réalisé par l’entreprise sous-traitante SIAP, associée à cette phase de déploiement.

Déjà identifié comme l’un des premiers projets résidentiels développés en France selon le modèle du build-to-rent, NEOZ devient également le premier programme à intégrer cette cloison séparative à ossature bois dans des conditions réelles d’exploitation.

Une piste supplémentaire pour le second œuvre bas carbone

L’apparition de solutions constructives visant spécifiquement le second œuvre illustre l’élargissement des stratégies de décarbonation dans le secteur du bâtiment. Au-delà des structures et des matériaux principaux, les composants intérieurs deviennent eux aussi des leviers de réduction des émissions.

Pour Bouygues Bâtiment France, cette innovation s’inscrit dans l’objectif annoncé de réduire de 30 % l’impact carbone de ses activités bâtiment d’ici 2030. Pour les entreprises de construction, les bureaux d’études et les maîtres d’ouvrage, elle ouvre également la voie à de nouvelles alternatives bas carbone sur des postes techniques jusqu’ici largement standardisés.



Foire aux questions

Qu'est-ce qu'une cloison séparative à ossature bois développée par Bouygues Bâtiment France ?

Il s'agit d'une cloison utilisant une ossature bois, des isolants et des plaques de plâtre, conçue pour remplacer les systèmes métalliques classiques dans le second œuvre du bâtiment.

Quels sont les bénéfices environnementaux de cette nouvelle cloison ?

Elle divise par deux l'impact carbone par mètre carré par rapport à une cloison à ossature métallique, passant d'environ 25 kg à 12 kg CO₂ équivalent.

Où la solution a-t-elle été mise en œuvre pour la première fois ?

La première application opérationnelle a eu lieu sur le programme résidentiel NEOZ à Castelnau-le-Lez, dans l'Hérault.


Glossaire thématique

Cloison séparative à ossature bois

Cloison intérieure constituée d'une structure porteuse en bois, d'isolants et de plaques de plâtre, destinée à séparer des espaces tout en réduisant l'impact carbone.

Ossature métallique

Structure réalisée en métal servant de support pour les cloisons intérieures dans le secteur du bâtiment.

Bilan carbone

Mesure des émissions de gaz à effet de serre générées par un produit ou une opération, exprimée en kilogrammes de CO₂ équivalent.

Maître d’ouvrage

Personne physique ou morale qui commande et finance la réalisation d’un ouvrage de construction.

Plaquiste

Professionnel du bâtiment spécialisé dans la pose de plaques de plâtre et la réalisation de cloisons et plafonds intérieurs.

Exigences réglementaires en acoustique

Normes fixant les niveaux minimaux de performance acoustique requis pour les cloisons et éléments de construction.








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