BÂTIMENT

Chape allégée en polystyrène : ce que le nouveau DTA autorise

Par Influence RP - Agence RP   Publié le Mardi 20 octobre 2026 à 14:50
Chapiste réglant une chape fraîchement pompée dans un comble aménagé, le tuyau de pompe traversant la pièce

Résumé pour les décideurs

Le DTA n° 13/20-1473_V2 du CSTB couvre désormais quatre formulations de chapes légères EDILTECO et reste valide jusqu'en août 2028. POLITERM 1000/1200 et POLINIV 1000/1200 se posent de 5 à 20 centimètres sur béton, bois, chape existante ou ancien revêtement. Classées C5-F1, elles s'emploient dans des locaux P2 E2 au plus, avec des charges d'exploitation limitées à 200 kg/m². Deux consistances répondent à deux pratiques de chantier.


EDILTECO France a fait renouveler auprès du CSTB le Document Technique d'Application de ses chapes légères. Le texte couvre quatre formulations à billes de polystyrène, posables de 5 à 20 centimètres sur presque tous les supports. Voici ce qu'il autorise et ce qu'il encadre, point par point.


Chape allégée en polystyrène, ce que recouvre le terme

Une chape allégée remplace une partie du sable d'une chape traditionnelle par un granulat léger. Chez EDILTECO, ce granulat est une bille de polystyrène POLITERM FEIN enrobée de l'adjuvant EIA. Le reste de la formule associe du ciment et du sable. L'enrobage de la bille conditionne la cohésion du mélange.

Le gain se lit d'abord sur la balance. Les quatre formulations existent en deux masses volumiques, 1 000 et 1 200 kilogrammes par mètre cube, soit deux niveaux de légèreté selon les besoins du chantier. Ce poids en moins compte sur un plancher ancien dont la capacité portante est limitée.

Le second gain est thermique. Une chape chargée en polystyrène isole par nature, puisque la bille emprisonne de l'air. Elle ne remplace pas un isolant dimensionné sous dallage, elle améliore le comportement de l'ensemble. Un isolant PSE sous chape répond à une autre logique, celle de la performance calculée.

Le troisième gain tient au remplissage. Ces mortiers comblent les différences de niveau et noient les gaines sans alourdir le plancher. Ils servent donc aussi de ravoirage, dans les conditions que le document technique précise.

Épaisseurs admises, de 5 à 20 centimètres

Le document technique fixe les bornes. L'épaisseur débute à 5 centimètres dans les configurations courantes. Elle peut aller jusqu'à 20 centimètres, de quoi rattraper un niveau en rénovation.

Deux cas appellent des dispositions particulières. La pose sur une sous-couche acoustique mince en fait partie. La pose sur un remplissage allégé POLITERM 200 ou 300 également. Le texte précise alors les épaisseurs et les conditions à respecter.

La chape se coule en une seule couche, quelle que soit l'épaisseur retenue dans cette plage. Le mortier se pompe directement jusqu'à la zone d'application. Cette continuité évite les reprises et les plans de faiblesse entre passes.

L'amplitude de 5 à 20 centimètres est ce qui distingue l'usage en rénovation de l'usage en neuf. Sur un plancher neuf, la chape se cale au plus juste. Sur un plancher ancien, elle absorbe les écarts de niveau d'une pièce à l'autre et noie les réseaux posés en surface.

Chape allégée sur plancher bois et autres supports

La liste des supports admis est large. Elle couvre les planchers béton, les dallages, les planchers bois ou panneaux à base de bois, les chapes existantes, les ravoirages et même d'anciens revêtements. Chaque cas obéit aux conditions de pose que le document définit.

Le plancher bois est le cas le plus scruté. Un support souple supporte mal une chape lourde, alors qu'une chape à 1 000 kilogrammes par mètre cube allège nettement la charge apportée. La solution devient donc praticable là où une chape traditionnelle ne l'est pas.

La conservation d'un ancien revêtement intéresse autant les chapistes. Déposer un carrelage scellé coûte du temps, produit des déchets et fragilise parfois le support. Le choix du plancher sur vide sanitaire pose une question voisine, celle du poids admissible.

Cette polyvalence explique l'intérêt du produit en rénovation, où les chapistes rencontrent des supports très différents d'un chantier à l'autre. Une chape à granulats de bois vise le même besoin par une autre voie. Le granulat change, la logique reste la même.

POLITERM ou POLINIV, deux consistances pour deux gestes

Les quatre formulations reposent sur la même technologie. Elles se distinguent par leur consistance, donc par le geste de mise en œuvre. Le choix se fait sur la pratique de l'applicateur plutôt que sur la performance, puisque les deux familles relèvent du même document technique.

POLITERM 1000 et 1200 se répartissent et se règlent manuellement, au platoir à béton. La consistance reste ferme. Le réglage se fait à la main sur toute la surface, ce que les chapistes habitués au mortier traditionnel retrouvent sans apprentissage.

POLINIV 1000 et 1200 reçoivent un superplastifiant qui assouplit le mélange. La répartition en est facilitée. Le dressage s'effectue à la barre à débuller. Ces deux références s'appelaient POLIFLUIDE 1000 et 1200 avant le renouvellement du document technique. Le nom change, la formulation reste.

Ce que le DTA change pour la prescription

Le DTA n° 13/20-1473_V2 du CSTB est valide jusqu'en août 2028. Il couvre les quatre formulations pour le neuf comme pour la rénovation. Un maître d'œuvre dispose donc d'un cadre technique reconnu pour prescrire ces chapes.

Le classement fixe le domaine d'emploi. Les quatre formulations sont classées C5-F1 et s'emploient dans des locaux classés P2 E2 au plus, cuisines privatives comprises. Cela correspond à un usage courant, avec du mobilier fixe ou mobile et un entretien par voie humide, pour des charges d'exploitation limitées à 200 kg/m².

La nouvelle version apporte trois évolutions. Le renommage de POLIFLUIDE en POLINIV en est une. Les modalités de contrôle de la consistance ont changé. Le primaire d'accrochage EDILKRONOS UNIVERSAL entre dans le champ du document.

« Ce renouvellement de DTA n'est pas qu'une simple formalité administrative. Il est la preuve de la stabilité et de la fiabilité de nos formulations à base de billes POLITERM, éprouvées sur plus de 1,9 million de m² en France depuis 1997 », explique Franck Pied, directeur marketing et technique d'EDILTECO France. 

La technologie revendique 40 millions de mètres carrés produits dans 44 pays. Notre dossier sur l'isolation thermique replace le traitement des sols dans l'ensemble de l'enveloppe.



Questions fréquentes sur la chape allégée

Qu'est-ce qu'une chape allégée en polystyrène ?

C'est un mortier de chape dont une partie du sable est remplacée par des billes de polystyrène. Chez EDILTECO, ces billes portent le nom de POLITERM FEIN et reçoivent un enrobage par l'adjuvant EIA, qui assure la cohésion du mélange avec le ciment et le sable restant. Le résultat pèse 1 000 ou 1 200 kilogrammes par mètre cube selon la formulation retenue, soit deux niveaux de légèreté selon les besoins du chantier. Cette légèreté est son premier intérêt. L'air emprisonné dans les billes lui donne en prime un comportement thermique favorable.

Quelle épaisseur pour une chape allégée ?

Le document technique d'application fixe une plage de 5 à 20 centimètres. Les 5 centimètres correspondent aux configurations courantes, l'épaisseur maximale laissant de la marge pour rattraper un niveau en rénovation. Deux situations appellent des dispositions particulières que le texte précise : la pose sur une sous-couche acoustique mince et la pose sur un remplissage allégé POLITERM 200 ou 300. Dans tous les cas la chape se coule en une seule couche, sans reprise entre passes, le mortier étant pompé directement jusqu'à la zone d'application.

Peut-on couler une chape allégée sur un plancher bois ?

Oui. Le document technique couvre ce cas explicitement, au même titre que les panneaux à base de bois. La raison tient au poids : un support souple supporte mal une chape traditionnelle, alors qu'une formulation à 1 000 kilogrammes par mètre cube allège nettement la charge apportée au plancher. Les conditions de pose propres à ce support figurent dans le document. L'opération devient praticable là où une chape classique obligerait à renforcer la structure, voire à y renoncer. Le gain se mesure en kilogrammes par mètre carré de plancher. Il devient décisif sur un bâti ancien.

Faut-il déposer l'ancien revêtement avant de couler ?

Pas nécessairement. Le document technique admet la pose sur des chapes existantes, sur des ravoirages et sur d'anciens revêtements, dans les conditions qu'il définit. L'économie est double sur un chantier de rénovation, puisque la dépose d'un carrelage scellé coûte du temps et produit un volume de déchets conséquent. Elle fragilise parfois le support qu'elle était censée préparer. Un diagnostic du support reste évidemment nécessaire avant de décider, car tous les revêtements ne présentent pas la même adhérence. Un carrelage désolidarisé ou un sol souple collé ne se traitent pas de la même façon qu'une dalle saine.

Quelle différence entre POLITERM et POLINIV ?

La technologie est la même, la consistance diffère. POLITERM 1000 et 1200 présentent une consistance ferme, qui se répartit et se règle manuellement au platoir à béton. POLINIV 1000 et 1200 reçoivent un superplastifiant qui assouplit le mélange, dont la répartition se fait alors à la barre à débuller. Le choix se joue sur la pratique de l'applicateur et sur la configuration du chantier, pas sur la performance. POLINIV portait le nom de POLIFLUIDE avant le renouvellement du document technique.

Dans quels locaux ces chapes peuvent-elles être posées ?

Les quatre formulations sont classées C5-F1 et s'emploient dans des locaux classés P2 E2 au plus, cuisines privatives comprises. Ce classement correspond à un usage courant, avec du mobilier fixe ou mobile et un entretien par voie humide, pour des charges d'exploitation limitées à 200 kilogrammes par mètre carré. Cela couvre la majorité des configurations rencontrées dans le logement. Au-delà de ces charges ou dans des locaux plus sollicités, le domaine d'emploi du document technique ne s'applique plus. Il faut alors se tourner vers une autre solution de sol.


Glossaire de la chape allégée

Chape

Couche de mortier coulée sur un plancher pour obtenir une surface plane et de niveau. Elle reçoit ensuite le revêtement de sol. Elle ne participe pas à la structure.

DTA

Document Technique d'Application délivré par le CSTB. Il décrit le domaine d'emploi d'un produit non traditionnel et les conditions de sa mise en œuvre. Il sert de référence à la prescription.

Ravoirage

Couche de remplissage coulée sur un plancher avant la chape. Elle rattrape les niveaux et noie les gaines et les canalisations posées en surface du plancher.

Classement C5-F1

Caractérisation normalisée d'un mortier de chape. La lettre C renvoie à la résistance en compression, la lettre F à la résistance en flexion. Les chiffres en donnent le niveau.

Classement P2 E2

Classement d'usage d'un local. La lettre P désigne la résistance au poinçonnement attendue du sol, la lettre E son exposition à l'eau. Il détermine les revêtements admissibles.

Barre à débuller

Outil de dressage employé sur les mortiers fluides. Passée en surface, elle répartit le matériau et chasse les bulles d'air emprisonnées lors de la coulée.








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