Décret BACS : Airzone et Signify couplent l’éclairage et le CVC
Résumé pour les décideurs
Les capteurs de présence des luminaires deviennent la source d’information du chauffage. Airzone relie son dispositif Aidoo Pro à la plateforme Interact de Signify : une pièce occupée passe en consigne Confort, une pièce vide en mode Éco. Les deux marques annoncent jusqu’à 30 % d’économies au sens de la norme EN ISO 52120-1. L’installation se limite à des luminaires compatibles, un kit KT100, un Aidoo Pro par unité CVC et un relais en contact sec.
Airzone et Signify font communiquer l’éclairage connecté et le chauffage-climatisation des bâtiments tertiaires. Les capteurs intégrés aux luminaires signalent l’occupation réelle des pièces, le CVC s’ajuste. L’installation vise l’existant, sans développement logiciel. Elle place le bâtiment sur la trajectoire du décret BACS, obligatoire au-delà de 70 kW de puissance installée.
Ce que le décret BACS impose aux bâtiments tertiaires
L’article R. 175-2 du code de la construction et de l’habitation soumet à obligation les bâtiments où s’exercent des activités tertiaires, marchandes ou non, équipés d’un système de chauffage ou de climatisation, combiné ou non à une ventilation, dont la puissance nominale utile dépasse 70 kW. L’assujetti est le propriétaire du système, pas l’occupant.
Au-delà de 290 kW, l’échéance est derrière nous : l’obligation court depuis le 1er janvier 2025 sur les bâtiments existants. Entre 70 et 290 kW, la date butoir est le 1er janvier 2030. Elle se déclenche plus tôt si le système de chauffage ou de climatisation fait l’objet d’un renouvellement. Ce calendrier résulte du décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025, qui a repoussé une échéance initialement fixée à 2027. Le décret BACS ne vise donc plus les mêmes parcs aux mêmes dates qu’à sa parution.
Une sortie existe. Le propriétaire est dispensé s’il produit une étude établissant que le temps de retour sur investissement dépasse dix ans, aides financières publiques déduites. Les modalités de calcul sont fixées par arrêté des ministres chargés de l’énergie et de la construction.
Comment les luminaires renseignent le chauffage sur l’occupation
Le principe tient en deux états. Pièce occupée, consigne Confort. Pièce vide, consigne Éco. Les capteurs intégrés aux luminaires Signify détectent la présence et transmettent l’information à Airzone, qui applique la consigne correspondante. La lumière baisse au même moment. Horaires et températures se règlent dans l’interface Airzone, sans action des occupants.
La granularité est l’argument technique. Les zones de détection descendent à 5 m², ce qui permet de ne plus chauffer ni éclairer des espaces vides au milieu d’un grand plateau. Sur un plateau paysager, l’écart entre une détection par zone et une détection par étage se lit directement sur la facture.
Le couplage s’appuie sur la plateforme Interact de Signify et sur le dispositif Aidoo Pro d’Airzone. Les deux marques annoncent jusqu’à 30 % d’économies, au sens de la norme EN ISO 52120-1. Cette valeur est celle des industriels : elle n’a pas été mesurée par batipole.
Gestion technique du bâtiment : ce que la passerelle apporte à l’existant
La gestion technique du bâtiment bute toujours sur le même obstacle dans un parc existant : le coût de la reprise. Rendre une installation pilotable revient souvent plus cher que le gain attendu. C’est précisément ce que la dispense des dix ans de retour sur investissement reconnaît. Le décret n’impose pas l’impossible, il impose de le démontrer.
La solution décrite ici prend l’autre chemin. Elle se greffe sur l’existant : des luminaires Signify Interact ready, un kit KT100, un Aidoo Pro par unité de CVC, un relais en contact sec. Aucun développement logiciel n’est requis. Les bâtiments visés sont les bureaux, les commerces, les écoles, les hôtels et les équipements de loisirs, c’est-à-dire les typologies que le chauffage, ventilation et climatisation équipe sans pilotage fin.
Le périmètre annoncé par les deux marques est celui des surfaces inférieures à 20 000 m², soit la part du parc tertiaire que les projets de GTB complets laissent le plus souvent de côté.

Interopérabilité, pas de temps horaire : ce que le texte exige vraiment
L’article R. 175-3 énumère ce qu’un système d’automatisation doit savoir faire. La liste éclaire la portée réelle d’une passerelle. Il doit suivre, enregistrer et analyser en continu, par zone fonctionnelle et au pas horaire, les données de production et de consommation des systèmes techniques, puis ajuster ces systèmes en conséquence. Les données se conservent à l’échelle mensuelle pendant cinq ans, ce qui rapproche l’exercice d’une mesure des consommations que d’un simple pilotage.
Le système doit aussi situer l’efficacité du bâtiment par rapport à des valeurs de référence, détecter les pertes d’efficacité et en informer l’exploitant. L’interopérabilité avec les différents systèmes techniques est exigée par le texte, au même titre que la possibilité d’un arrêt manuel et d’une gestion autonome.
C’est là que le raccordement compte. Le dispositif s’intègre à une GTB ou à une GTC existante par les protocoles standards. Un couplage éclairage-CVC ne vaut donc pas conformité à lui seul : il traite deux postes, le texte en vise davantage. Il constitue un premier pas, pas un point d’arrivée.
Quels bâtiments sont concernés et par où commencer
Le tri est simple à faire. La puissance du système de chauffage ou de climatisation décide de l’assujettissement, pas la surface du bâtiment ni son usage. Pour les bâtiments raccordés à un réseau de chaleur ou de froid urbain, la puissance à considérer est celle de la station d’échange.
Deux dates structurent le calendrier. Le 1er janvier 2025 est passé pour les installations de plus de 290 kW. Le 1er janvier 2030 reste la butée pour la tranche de 70 à 290 kW, avec un déclenchement anticipé au renouvellement du système.
Pour un gestionnaire, l’ordre des opérations se déduit du texte : relever la puissance nominale utile installée, vérifier si un renouvellement est programmé, puis chiffrer le temps de retour. La dispense de dix ans se démontre, elle ne se présume pas. Un couplage de ce type trouve son intérêt quand il fait passer ce temps de retour sous le seuil, au même titre que les arbitrages de consommation déjà portés par Airzone Cloud.
Questions fréquentes sur le décret BACS et la GTB
Qu’est-ce que le décret BACS ?
C’est le nom d’usage de l’obligation d’équiper certains bâtiments tertiaires d’un système d’automatisation et de contrôle, codifiée aux articles R. 175-2 et R. 175-3 du code de la construction et de l’habitation. BACS est l’acronyme anglais de building automation and control systems. Le texte ne prescrit pas une marque ni une technologie : il fixe un seuil de puissance, des échéances et une liste de fonctions que le système doit remplir. Le propriétaire des systèmes de chauffage ou de climatisation en est l’assujetti, et non l’occupant des locaux.
Quels bâtiments doivent être équipés d’une GTB ?
Ceux dans lesquels s’exercent des activités tertiaires, marchandes ou non marchandes, équipés d’un système de chauffage ou de climatisation, combiné ou non à une ventilation, dont la puissance nominale utile dépasse 70 kW. Les bâtiments appartenant à des personnes morales du secteur primaire ou secondaire entrent dans le champ dès lors qu’une activité tertiaire s’y exerce. Lorsque la chaleur ou le froid provient d’un réseau urbain, la puissance retenue est celle de la station d’échange. C’est donc la puissance installée qui déclenche l’obligation, jamais la surface du bâtiment.
Quelles sont les échéances du décret BACS ?
Deux dates s’appliquent aux bâtiments existants. Au-delà de 290 kW, l’obligation court depuis le 1er janvier 2025. Entre 70 et 290 kW, elle s’applique au plus tard le 1er janvier 2030. Elle s’applique plus tôt si le système de chauffage ou de climatisation fait l’objet d’un renouvellement. Cette seconde échéance était initialement fixée au 1er janvier 2027 : elle a été reportée par le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025. Les bâtiments neufs relèvent d’un régime distinct, indexé sur la date de dépôt du permis de construire.
Peut-on être dispensé d’installer un système d’automatisation ?
Oui, à une condition précise. Le propriétaire doit produire une étude établissant que l’installation n’est pas réalisable avec un temps de retour sur investissement inférieur à dix ans, aides financières publiques déduites. La dispense se démontre, elle ne se présume pas. Les modalités de calcul sont fixées par arrêté des ministres chargés de l’énergie et de la construction. La même logique s’applique au raccordement des équipements secondaires : seuls sont reliés au système ceux dont la connexion tient dans ce même délai de dix ans.
Qu’est-ce que la gestion technique du bâtiment ?
C’est l’ensemble des moyens qui supervisent les équipements d’un bâtiment depuis un point unique : chauffage, ventilation, climatisation, éclairage, production d’eau chaude. Le code de la construction en fixe désormais les fonctions minimales. Le système suit, enregistre et analyse les consommations en continu, par zone fonctionnelle et au pas horaire, puis ajuste les équipements. Il situe l’efficacité du bâtiment face à des valeurs de référence, détecte les pertes d’efficacité, informe l’exploitant et reste interopérable avec les différents systèmes techniques. Les données se conservent à l’échelle mensuelle pendant cinq ans.
Comment la détection de présence agit-elle sur le chauffage ?
Les capteurs logés dans les luminaires relèvent l’occupation d’une zone et transmettent cette information au régulateur du CVC. Une pièce occupée bascule en consigne Confort, une pièce vide en mode Éco, avec baisse simultanée de l’éclairage. L’intérêt tient à la finesse du découpage : des zones de détection de l’ordre de 5 m² évitent de traiter un plateau entier comme un bloc. Le réglage des horaires et des températures reste côté régulation, sans intervention des occupants, ce qui supprime la dérive des consignes laissées en manuel.
Les mots du pilotage des systèmes techniques
Décret BACS
Nom d’usage de l’obligation d’équiper certains bâtiments tertiaires d’un système d’automatisation et de contrôle. Codifiée aux articles R. 175-2 et R. 175-3 du code de la construction et de l’habitation.
GTB
Gestion technique du bâtiment. Supervision centralisée des équipements d’un bâtiment, du chauffage à l’éclairage, avec suivi des consommations par zone et ajustement automatique des consignes.
GTC
Gestion technique centralisée. Supervision limitée à un lot technique, le chauffage par exemple, là où une GTB couvre l’ensemble des systèmes du bâtiment et les fait dialoguer.
Puissance nominale utile
Puissance que le générateur délivre en fonctionnement normal, exprimée en kilowatts. C’est elle, et non la surface, qui décide de l’assujettissement au décret BACS, au seuil de 70 kW.
Temps de retour sur investissement
Durée au terme de laquelle les économies dégagées couvrent la dépense engagée, aides publiques déduites. Au-delà de dix ans, le propriétaire peut être dispensé d’installer le système.
Contact sec
Liaison électrique sans tension propre, qui transmet un simple état ouvert ou fermé. Elle sert ici à relayer l’information d’occupation du luminaire vers le régulateur de CVC.
Dans nos dossiers
Les autres publications de la marque
Parc Tertiaire Silic Immeuble Panama
94573 Rungis
France